Des nuits moins reposantes, des rendez-vous oubliés, l’impression de devoir fournir plus d’efforts pour organiser la journée : ces difficultés méritent d’être entendues. Elles ne permettent pas, à elles seules, de conclure à un TDAH ni d’en attribuer la cause à la périménopause. Cet article propose des pistes pratiques pour décrire ce qui a changé et préparer une consultation, sans poser de diagnostic.
Distinguer ce qui est ancien de ce qui a changé
La périménopause correspond à la transition qui précède la ménopause. L’Assurance Maladie décrit notamment des variations du cycle, des troubles du sommeil et une fatigue possible. Ces éléments peuvent compliquer le quotidien ; ils ne constituent pas une explication automatique à toute difficulté de concentration. [1]
Pour préparer votre échange, séparez deux colonnes : « déjà présent auparavant » et « nouveau ou plus marqué récemment ». Vous pourriez y noter les oublis, les difficultés à commencer une tâche ou les réveils nocturnes. Il s’agit d’un support de description, pas d’une grille diagnostique. Une évaluation du TDAH examine une histoire plus large et ne repose pas sur un questionnaire isolé. [2]
Tenir une note courte plutôt qu’un journal impossible à suivre
Choisissez un seul endroit : une page de carnet, une note sur téléphone ou une feuille imprimée. Pendant quelques jours, consignez un exemple concret quand il se présente. « J’ai manqué mon rendez-vous malgré l’avoir noté » sera souvent plus facile à discuter qu’une impression générale telle que « je n’arrive plus à rien ». Ajoutez le contexte si vous le connaissez.
Vous pouvez aussi noter le sommeil, les changements de rythme et les questions que vous souhaitez poser. L’Assurance Maladie propose l’usage d’un agenda du sommeil pour mieux observer ses nuits. Si cette démarche devient contraignante, réduisez-la : le but est de vous aider à communiquer, pas d’ajouter une nouvelle obligation quotidienne. [3]
Rendre les prochaines étapes visibles
Une piste d’organisation consiste à remplacer une tâche très générale par une action concrète. « Gérer mes papiers » peut devenir « poser les trois courriers sur la table ». Vous pouvez réserver un emplacement visible aux objets nécessaires pour sortir et utiliser un rappel au moment où une action peut réellement être réalisée.
Ces essais ne sont ni un traitement ni une preuve que la difficulté vient du TDAH. Testez un changement à la fois et gardez celui qui vous simplifie la vie. Si plusieurs applications vous dispersent, un support unique peut être plus pratique. Si écrire à la main vous gêne, une courte note vocale peut jouer le même rôle.
Demander une aide précise à son entourage
Une demande concrète est souvent plus facile à comprendre qu’un appel général à « faire attention ». Vous pouvez, par exemple, demander de centraliser les rendez-vous familiaux dans un seul calendrier ou de convenir clairement de la personne responsable d’une démarche. L’objectif est de réduire les ambiguïtés, pas d’évaluer votre volonté.
Gardez une place pour ce que vous ressentez : frustration, fatigue ou peur de décevoir. Si les difficultés affectent fortement votre travail, votre sommeil ou vos relations, parlez-en à un professionnel. Il pourra explorer les causes possibles et les besoins de prise en charge. Ne modifiez pas un traitement du TDAH ou un traitement hormonal à partir d’un article ou d’un livre.
Préparer trois questions pour la consultation
Vous pouvez partir de ces formulations : « Quelles causes pourraient expliquer ce changement ? », « Quels éléments de mon histoire vous seraient utiles ? » et « Quelles adaptations puis-je envisager dans ma situation ? ». Apportez la liste de vos traitements et vos observations. Le professionnel pourra décider si une évaluation complémentaire est pertinente.
Lorsqu’un TDAH est envisagé à l’âge adulte, NICE recommande une évaluation par un professionnel formé, prenant en compte l’histoire développementale, les difficultés et leur retentissement. Le sentiment de brouillard mental à un moment donné ne suffit pas à conclure. [2]
Un livre pour prolonger la réflexion
TDAH et périménopause, d’Emily Sunders, est présenté dans notre catalogue comme un guide de compréhension et d’outils concrets. La fiche permet de consulter les éditions Kindle et brochées. Pour les lectrices anglophones, ADHD and Perimenopause aborde également cette rencontre de thèmes. Consultez leurs présentations pour choisir la langue et l’orientation qui vous conviennent.
Vous pouvez utiliser votre lecture pour relever les questions qui font écho à votre quotidien, puis les discuter lors de votre suivi. Lire peut aider à mettre des mots sur une expérience ; cela ne remplace pas l’évaluation de votre situation ni un accompagnement personnalisé.
Sources et repères
- [1] Assurance Maladie — Périménopause : symptômes et contraception
- [2] NICE — Attention deficit hyperactivity disorder, recommandations NG87
- [3] Assurance Maladie — Mieux dormir à la ménopause
Sources consultées le 2 octobre 2026.

